Quel est un bon multiple de BAIIA pour une clinique vétérinaire au Québec ? Qui peut acheter la clinique d'un vétérinaire qui prend sa retraite, et que faire des dossiers des clients ? Ces questions reviennent souvent, et les réponses sont dispersées entre le règlement de l'Ordre, des articles de presse et des sites de courtiers parfois peu fiables. Nous avons rassemblé ce qui est public et vérifiable au 25 octobre 2026.

Disons-le d'entrée : aucune source publique ne donne de multiple propre aux cliniques québécoises. Les chiffres qui circulent sont canadiens et datent de 2021-2022, ou sont américains. Nous les donnons avec leur date et leur base, et nous expliquons pourquoi le bon multiple dépend surtout de l'acheteur.

En bref : au Québec, 100 % des droits de vote d'une clinique en société doivent appartenir à des vétérinaires. Les grands groupes y sont pourtant présents : 84 cliniques sur le site de VetStrategy en octobre 2026. Les repères canadiens publiés vont de 3 à plus de 13 fois le bénéfice ajusté. Et les vétérinaires de 65 ans et plus passeront de 162 à 613 d'ici 2035 : les vendeurs seront nombreux.

Combien vaut une clinique vétérinaire ?

Une clinique se vend comme une autre PME : à un multiple de son bénéfice normalisé, auquel s'ajoutent ou se retranchent l'immobilier, les équipements et la dette. La différence tient aux acheteurs : de grands groupes, qui paient pour grossir un réseau, et de jeunes vétérinaires, dont la capacité d'emprunt est limitée. Voici les repères publics.

SourceDateBaseCe qu'elle rapporte
Elizabeth Bellavance, vétérinaire, évaluatrice et courtière en cliniques, dans Veterinary Practice News Canada août 2021 Bénéfice ajusté Offres le plus souvent de 3 à plus de 13 fois, plus élevées chez les grands groupes, plus basses chez les acheteurs privés
The Globe and Mail août 2022 BAIIA Près de 30 fois au sommet de 2021 ; de 10 à 15 fois pour les achats récents, selon un avocat de Borden Ladner Gervais ; 4 ou 5 fois autrefois
First Page Sage, agence américaine, méthode peu documentée janv. 2025 BAIIA, États-Unis Médecine générale : 5,3 fois pour un BAIIA de 0,5 à 1 M$ US, 8,6 fois de 1 à 5 M$, 11,3 fois de 5 à 10 M$

Le multiple dépend de l'acheteur et de la normalisation

Les chiffres canadiens viennent d'une période où les grands groupes se disputaient les cliniques. En 2022, le directeur général d'Univet jugeait déjà le prix « excessif pour un jeune vétérinaire », selon Le Soleil. Un groupe et un vétérinaire repreneur n'offriront pas le même multiple, et ils ne calculeront pas le même bénéfice.

L'évaluatrice citée plus haut en donne un exemple : un premier acheteur offre 9 fois un bénéfice ajusté de 290 000 $, un second 10 fois un bénéfice de 250 000 $. Le multiple le plus bas donne ici le meilleur prix : 2 610 000 $ contre 2 500 000 $. Avant de comparer des offres, ramenez-les toutes à la même normalisation : salaire du vétérinaire propriétaire au prix du marché, loyer au prix du marché, dépenses non récurrentes retirées. Notre article sur la valeur d'une PME et la normalisation du BAIIA détaille la méthode.

Méfiez-vous des grilles sans source. Au moins un site de courtier publie une grille canadienne de multiples par taille de clinique, sans source, avec des contradictions internes et des erreurs sur le droit québécois. Exigez la date, la base et l'origine de tout multiple qu'on vous présente.

Qui a le droit d'acheter une clinique au Québec

Le Règlement sur l'exercice de la profession de médecin vétérinaire en société fixe des conditions qui doivent être respectées en tout temps. Elles limitent fortement qui peut acheter.

La foire aux questions de l'Ordre de janvier 2026 ajoute deux règles qui touchent directement les vendeurs. Depuis le 1er avril 2026, le statut de membre retraité est aboli : un vétérinaire à la retraite ne peut plus détenir d'actions avec droit de vote. Et un vétérinaire qui cesse de s'inscrire au tableau plus de trois mois doit se départir de ses actions votantes. L'Ordre accepte plusieurs niveaux de sociétés de gestion, à condition que le contrôle ultime reste à 100 % entre les mains de vétérinaires.

Et les grands groupes ?

Comment des groupes étrangers possèdent-ils des cliniques avec de telles règles ? Leurs montages juridiques ne sont pas publics. En 2022, le président de l'Ordre de l'époque déclarait au Soleil que la loi était respectée, mais qu'il y avait un montage juridique que l'Ordre n'avait pas les moyens de contester. Avant de vendre à un groupe, faites relire la structure proposée par votre propre avocat : le Code de déontologie interdit notamment toute convention d'actionnaires qui mettrait en péril l'indépendance du vétérinaire.

Qui achète vraiment

AcheteurPrésence au QuébecÀ savoir
VetStrategy, propriété d'IVC Evidensia 84 cliniques listées sur son site en octobre 2026 ; 101 dans le recensement de CBC de janvier 2025 Groupe Vétérinaire Daubigny figure parmi ses filiales. Il dit garder le nom et l'identité visuelle de la clinique achetée.
VCA Canada, filiale de Mars 26 cliniques québécoises dans le recensement de CBC de janvier 2025 Le site de Vet et Nous publie les communiqués de VCA Canada et compte 31 hôpitaux et cliniques. Seule des trois à afficher sa marque, selon CBC.
NVA Canada 1 clinique québécoise dans le recensement de CBC Fonds allemand, selon CBC.
Vétérinaires repreneurs 620 vétérinaires étaient associés ou actionnaires d'une société au 31 mars 2025, selon le rapport annuel de l'Ordre Les acheteurs naturels d'une clinique indépendante, avec une capacité d'emprunt limitée.

Les groupes n'achètent pas toujours toute la clinique : selon CBC, beaucoup deviennent copropriétaires en achetant une partie seulement. Aucune acquisition de clinique québécoise n'était annoncée pour 2025 ou 2026 sur les pages de nouvelles de VetStrategy et de Vet et Nous le 25 octobre 2026. En face, un mouvement d'indépendants s'organise : la coopérative d'achat Univet dit regrouper plus de 160 établissements indépendants, et le label Vétérinaires d'ici, créé en 2024, distingue les établissements détenus à 100 % par des Québécois.

Beaucoup de vendeurs d'ici 2035

Pour un vendeur, cela veut dire des acheteurs rares en région et une concurrence réelle des groupes dans les villes. Pour un repreneur, cela veut dire du choix, à condition de pouvoir financer l'achat.

Les formalités propres à la vente

Les dossiers et les autres effets

Le règlement sur les dossiers et les effets des vétérinaires encadre la cession. Le vétérinaire qui cesse d'exercer avise le secrétaire de l'Ordre dans les 15 jours, par poste recommandée, nomme le vétérinaire cessionnaire et transmet une copie de la convention de cession. Le cessionnaire avise les clients dans les 30 jours de la prise de possession, par deux avis dans un journal de la région ou par un avis écrit à chacun, et conserve les dossiers au moins 5 ans. Les « effets » comprennent aussi les médicaments, les produits et les équipements.

Les renseignements personnels des clients

La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé permet de communiquer des renseignements personnels pour conclure la vente d'une entreprise, si une entente préalable encadre leur usage. Après la vente, l'acquéreur doit aviser chaque personne qu'il détient désormais ses renseignements.

Les comptes, les médicaments et le nom

Le financement

Les banques ont des offres pour les professionnels de la santé qui incluent les vétérinaires, mais aucune ne publie de taux ni de durée pour l'achat d'une clinique.

Avant de recevoir une offre

Normalisez votre bénéfice

Un multiple ne veut rien dire sans le bon bénéfice. Sept questions, aucune inscription : le calculateur applique une fourchette de multiples à votre BAIIA normalisé et l'ajuste selon vos risques. Pour une clinique, prenez le résultat comme un point de départ à discuter avec un évaluateur, pas comme un prix.

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FAQ : acheter ou vendre une clinique vétérinaire

Quel est un bon multiple de BAIIA pour une clinique vétérinaire au Québec ?

Aucune source publique ne donne de multiple propre au Québec. Au Canada, une évaluatrice relevait en 2021 des offres de 3 à plus de 13 fois le bénéfice ajusté, plus élevées chez les grands groupes. Le Globe and Mail rapportait en 2022 des achats de 10 à 15 fois le BAIIA, après un sommet proche de 30 fois en 2021, contre 4 ou 5 fois autrefois. Le bon multiple dépend surtout de l'acheteur : un jeune vétérinaire paie moins qu'un groupe. Faites évaluer la clinique par un évaluateur agréé.

Qui peut acheter une clinique vétérinaire au Québec ?

Le règlement de l'Ordre des médecins vétérinaires exige que 100 % des droits de vote de la société soient détenus par des médecins vétérinaires, ou par des entités qu'ils détiennent à 100 %. Les actions sans droit de vote sont réservées aux vétérinaires, à leurs parents ou alliés, à leur conjoint et aux employés. Aucun fabricant ou grossiste de médicaments ou de nourriture pour animaux ne peut être actionnaire.

Un vétérinaire à la retraite peut-il garder ses actions votantes ?

Non. Selon la foire aux questions de l'Ordre de janvier 2026, le statut de membre retraité est aboli depuis le 1er avril 2026, et un vétérinaire à la retraite ne peut plus détenir d'actions avec droit de vote dans la société. Un vétérinaire qui cesse de s'inscrire au tableau plus de trois mois doit aussi s'en départir.

Que faire des dossiers des clients quand on vend une clinique vétérinaire ?

Le vétérinaire qui cesse d'exercer avise l'Ordre dans les 15 jours, nomme le vétérinaire cessionnaire et transmet une copie de la convention de cession. Le cessionnaire avise les clients dans les 30 jours de la prise de possession et conserve les dossiers au moins 5 ans. La loi sur la protection des renseignements personnels exige aussi une entente préalable et un avis de l'acquéreur aux clients.

Combien de cliniques vétérinaires appartiennent à de grands groupes au Québec ?

Selon le recensement de CBC à jour au 13 janvier 2025, 128 cliniques québécoises appartenaient aux trois grands groupes : 101 à VetStrategy, 26 à VCA Canada et 1 à NVA. En octobre 2026, le site de VetStrategy listait 84 cliniques au Québec. Aucune source publique n'explique l'écart.

Transparence : repreneuriat.ai n'a aucune entente avec les groupes, les banques et les organismes cités, et aucun lien de cette page n'est rémunéré. Cet article explique des règles publiques ; il ne remplace ni l'avis de l'Ordre, ni celui de votre avocat, de votre CPA ou d'un évaluateur agréé.

Sources