Au premier trimestre de 2026, 7,8 % des entreprises privées du Québec ont dit vouloir vendre ou transférer leur entreprise dans les douze mois, un bond de 3,6 points en un trimestre. Cela représente près de 16 000 entreprises, selon l'Observatoire de Repreneuriat Québec. Environ 5 000 autres disent vouloir fermer. En août, Repreneuriat Québec et Desjardins estimaient à 38 000 le nombre d'entreprises à transférer de 2026 à la fin de 2028.
Pour un repreneur, l'offre existe donc. Le problème est ailleurs : elle est éparpillée, et sa plus grosse part ne se voit pas. La firme Mallette le résume ainsi : « la majorité des entreprises à vendre ne sont jamais publiées en ligne ». Ce guide classe les sources de la plus confidentielle à la plus publique, avec ce que chacune coûte et ce qu'elle montre vraiment.
Les sources, en un coup d'œil
| Source | Ce qu'on y trouve | Accès | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Index de Repreneuriat Québec | Annonces confidentielles, recherche par secteur, région et prix, alertes | Forfait payant ; Accès découverte gratuit et limité | Repreneur sérieux qui veut le plus grand bassin confidentiel |
| Courtiers en transfert d'entreprise | Mandats de vente, dont certains jamais annoncés | Inscription souvent gratuite pour l'acheteur ; recherche active payante | Repreneur qui vise un secteur ou une taille précise |
| Plateformes d'annonces | Acquizition, EntreprisesÀVendre.Québec, MonEntrepriseÀVendre, OccasionsAffaires, LaVitrine.biz, Centris | Annonces consultables en ligne | Survol du marché, comparaison des prix demandés |
| Petites annonces | LesPAC, Kijiji, Facebook Marketplace : dépanneurs, restaurants, petits commerces | Gratuit | Petite acquisition, à vérifier de très près |
| Réseaux régionaux | Chambres de commerce, MRC, CLD, événements de repreneuriat | Rencontres, ateliers | Repreneur en région |
| Approche directe | Entreprises pas encore à vendre | Votre temps et votre réseau | Le marché le moins disputé |
1. L'Index de Repreneuriat Québec : le plus grand bassin confidentiel
Repreneuriat Québec, l'ancien Centre de transfert d'entreprise du Québec, exploite l'Index, qu'il présente comme la plateforme confidentielle numéro un au Québec pour la mise en relation entre acheteurs et vendeurs de PME. Son rapport d'activités 2025-2026 fait état de près de 2 000 acheteurs inscrits et de plus de 4 000 demandes de mises en relation confidentielles par année. Sur sa page destinée aux vendeurs, l'organisme revendique plus de 900 repreneurs disposant d'une mise de fonds de plus de 250 000 $.
- Ce que vous voyez : des fiches d'entreprises affichées de façon confidentielle, réservées aux abonnés, avec certaines informations financières et le type de transaction souhaité. On cherche par secteur, par région ou par prix, et on reçoit des alertes pour les nouvelles occasions qui correspondent à son profil.
- Le principe : les vendeurs y présentent leur entreprise en toute confidentialité, et le contact passe par une demande de mise en relation, que l'acheteur suit en direct.
- Le prix : l'Accès découverte est gratuit, mais c'est une version temporaire et limitée, où les informations confidentielles sont floutées et la prise de contact désactivée. Le forfait des acheteurs, appelé service acquisition, n'affiche pas son prix sur la page des services : demandez-le avant de vous engager. À titre de repère, le forfait des vendeurs coûte 75 $ par mois, pour au moins 3 mois.
- Un plus : l'Index permet aussi de trouver un partenaire de coacquisition, utile si votre mise de fonds est trop courte pour la cible visée.
2. Les courtiers : la porte du marché caché
La BDC distingue deux façons de travailler avec un courtier. Dans un mandat de vente, le courtier représente le vendeur. Dans un mandat d'achat, il travaille pour vous et contacte les entreprises qui correspondent à vos critères, qu'elles soient en vente ou non.
- Recherche passive : selon la BDC, il n'y a généralement pas de frais pour figurer dans la base de données d'un courtier, et c'est le vendeur qui paie la commission si vous achetez.
- Recherche active : vous payez habituellement une avance et des honoraires mensuels pour le temps de recherche, puis la commission si la transaction se conclut.
- L'ordre de grandeur, côté vendeur : la BDC situe la commission autour de 12 % pour une transaction de moins d'un million de dollars, et plutôt entre 4 et 6 % pour une transaction de 10 millions.
- Ce qu'on vous demandera : un accord de confidentialité, et souvent une preuve de capacité financière avant de voir le dossier.
Le conseil pratique de la BDC : sans mandat exclusif, inscrivez-vous auprès de plusieurs courtiers, et vérifiez leur expérience. La désignation CBI est un bon signe, sans être le seul. Demandez aussi à votre comptable ou à votre avocat quels courtiers travaillent avec des acheteurs : certains ne travaillent qu'avec des vendeurs. Le rôle du courtier côté vendeur, ses frais et les clauses de son mandat sont détaillés dans Courtier en vente d'entreprise au Québec.
3. Les plateformes d'annonces publiques
Elles donnent une idée des prix demandés et de ce qui circule. Nous les avons consultées le 25 octobre 2026 ; leurs chiffres changent tous les jours.
- Acquizition se présente comme la plus grande plateforme de vente et d'achat d'entreprises et de franchises au Québec. Son accueil affichait ce jour-là 370 entreprises à vendre et 11 franchiseurs.
- LaVitrine.biz affiche sur son accueil un compteur de 53 entreprises ; sa liste publique en comptait 38 le 25 octobre, avec un filtre sur 17 régions et 16 secteurs. Les annonces visibles sur l'accueil allaient de 145 000 $ à 6 250 000 $, et deux portaient la mention « vendue » ou « sous offre ».
- EntreprisesÀVendre.Québec se décrit comme une plateforme de transition d'affaires ; sa page d'annonces en comptait 371 le 25 octobre, avec des filtres par région, catégorie et prix.
- MonEntrepriseÀVendre.com publie sans frais les annonces d'entreprises, de commerces et de fermes ; nous y avons compté environ 330 fiches le 25 octobre, immeubles et campings compris.
- OccasionsAffaires.ca, un réseau en affaires depuis 2005, publie aussi des franchises et des locaux commerciaux ; sa section des entreprises à vendre comptait environ 170 annonces le 25 octobre.
- Centris, le portail des courtiers immobiliers, affichait plus de 900 inscriptions dans sa catégorie « Entreprise à vendre ».
- LesPAC, Kijiji et Facebook Marketplace publient surtout de petits commerces, comme des dépanneurs ou des restaurants. Exigez les états financiers avant toute visite : traitez chaque annonce comme une simple piste.
Côté vendeur, la plupart de ces plateformes publient leurs tarifs d'affichage, souvent quelques centaines de dollars, parfois rien : nous les avons rassemblés dans notre relevé des prix publiés.
Le nombre d'annonces par plateforme, les prix demandés, les régions et les secteurs sont suivis dans notre baromètre des entreprises à vendre au Québec.
4. Les réseaux régionaux et les événements
Mallette recommande les chambres de commerce locales, les CLD, les MRC et Repreneuriat Québec pour repérer les propriétaires qui préparent leur relève, surtout en région. Les événements du milieu, comme le Sommet du repreneuriat, et les clubs de repreneurs servent au même but : rencontrer un cédant avant que son entreprise soit sur le marché.
Pour savoir qui fait quoi, des organismes publics aux prêteurs, courtiers et cabinets, voyez notre carte des acteurs du repreneuriat au Québec.
5. L'approche directe : le marché le moins disputé
Selon une présentation sur l'état du repreneuriat québécois faite au ministère de l'Agriculture le 15 mai 2026, à partir des données de l'Observatoire, 61 % des entrepreneurs n'ont pas de plan de relève. Beaucoup d'entreprises ne sont donc pas officiellement à vendre, mais leur dirigeant y pense. Mallette note qu'un message simple et professionnel suffit souvent à ouvrir la conversation.
Une méthode simple : choisir un secteur et une région, dresser une liste de vingt entreprises cibles, et écrire au propriétaire en parlant de la pérennité de son entreprise et de ses employés, pas de prix. Les données de l'Observatoire aident à viser : au premier trimestre de 2026, les intentions de vendre dépassaient la moyenne de 7,8 % dans l'hébergement et la restauration, à 17,9 %, le commerce de détail, à 10,1 %, les autres services, à 9,6 %, la finance et les assurances, à 8,6 %, et le transport et l'entreposage, à 8,4 %.
Vérifiez si le prix demandé tient la route
Notre calculateur applique les multiples de BAIIA du secteur au Québec et les ajuste selon la dépendance au propriétaire, la concentration des clients et la tendance des résultats. Conçu pour les cédants, il sert aussi à tester une annonce en deux minutes, sans inscription.
Tester un prix demandéTrier une annonce en dix minutes
Une annonce est une vitrine, pas un dossier. Cinq questions suffisent pour décider si elle mérite un appel.
- Le BAIIA est-il normalisé, sur trois ans ? Un seul chiffre, sans historique, ne permet aucune évaluation. Demandez trois années d'états financiers et les ajustements faits au BAIIA.
- Le prix demandé correspond-il au multiple du secteur ? Notre guide Combien vaut une PME au Québec donne les fourchettes par secteur. Un écart important doit avoir une explication.
- Combien pèse le plus gros client ? Au-delà du quart des ventes, le risque change de nature, et le prix devrait en tenir compte.
- Que se passe-t-il quand le propriétaire part ? Clients, fournisseurs et savoir-faire qui passent par une seule personne sont le premier risque d'une petite entreprise.
- Le bail suivra-t-il ? Durée restante, cession possible au repreneur, renouvellement : un commerce sans bail solide vaut beaucoup moins que son BAIIA.
Si l'annonce passe ces cinq questions, la suite se joue dans la lettre d'intention puis dans la vérification diligente. Le parcours complet est dans notre guide pour acheter une PME au Québec.
Combien de temps prévoir
Mallette estime que la recherche peut prendre de 6 mois à 1 an selon le secteur et la taille visée. Pour gagner du temps, combinez trois sources : un abonnement à une plateforme confidentielle, deux ou trois courtiers informés de leurs critères, et une approche directe dans un secteur précis.
FAQ : entreprises à vendre au Québec
Où trouver une entreprise à vendre au Québec ?
Cinq sources se complètent : l'Index de Repreneuriat Québec, les plateformes d'annonces comme Acquizition, LaVitrine.biz et EntreprisesÀVendre.Québec, les courtiers en transfert d'entreprise, les réseaux régionaux et l'approche directe des propriétaires.
Les entreprises à vendre sont-elles toutes affichées en ligne ?
Non. Selon Mallette, la majorité ne sont jamais publiées en ligne, et une part importante des transactions se conclut sur le marché confidentiel.
Combien coûte l'Index de Repreneuriat Québec ?
L'Accès découverte est gratuit mais limité : informations floutées, contact désactivé. Le prix du forfait des acheteurs n'est pas affiché sur la page des services. Le forfait des vendeurs coûte 75 $ par mois, pour au moins 3 mois.
Combien de temps prend la recherche ?
De 6 mois à 1 an selon le secteur et la taille, d'après Mallette.
Dans quels secteurs y a-t-il le plus de vendeurs ?
Au premier trimestre de 2026 : immobilier et location, 20,2 % ; hébergement et restauration, 17,9 % ; commerce de détail, 10,1 % ; autres services, 9,6 % ; finance et assurances, 8,6 % ; transport et entreposage, 8,4 %. La moyenne de toutes les industries était de 7,8 %.
Sources
- Observatoire de Repreneuriat Québec, Marc Duhamel : Bilan des intentions de transfert et de fermeture d'entreprise au Québec, 2026:T1, mars 2026, données de Statistique Canada.
- Repreneuriat Québec et Desjardins : 38 000 entreprises en quête de relève d'ici 2029, 20 août 2026.
- Repreneuriat Québec : Rapport d'activités 2025-2026 ; l'Index ; services pour acheter une entreprise ; forfait vendeur Service essentiel.
- Repreneuriat Québec : État du repreneuriat québécois, présentation au MAPAQ, 15 mai 2026.
- BDC : Trouver une entreprise à acheter avec l'aide d'un courtier.
- Mallette : Entreprise à vendre au Québec : où chercher ?, 28 avril 2026.
- Plateformes consultées le 25 octobre 2026 : Acquizition, LaVitrine.biz, EntreprisesÀVendre.Québec, LesPAC, entreprises et commerces, MonEntrepriseÀVendre.com, OccasionsAffaires.ca, Centris, entreprises à vendre.