Vous pensez engager un courtier pour vendre votre entreprise et vous vous demandez combien il prend ? La commission tourne autour de 12 % pour une vente de moins de 1 million de dollars, selon la BDC, et elle baisse quand le prix monte. Mais le pourcentage n'est qu'une ligne du mandat : les frais de départ, le minimum, la base de calcul et la clause de suite comptent autant.

Un mot sur le vocabulaire : l'Office québécois de la langue française recommande « courtier en entreprises » ou « courtier d'entreprises », un courtier spécialisé dans la vente, le transfert et l'acquisition d'entreprises. « Courtier d'affaires », calqué de l'anglais business broker, est déconseillé.

Ce que fait un courtier

La BDC les décrit comme des intermédiaires qui aident leur clientèle à acheter ou à vendre une entreprise. Le courtier peut représenter le vendeur, par un mandat de vente, ou l'acheteur, par un mandat d'achat. Dans un mandat de vente, son travail suit les étapes de la transaction :

Combien coûte un courtier

Selon la BDC, dans un mandat de vente, un montant initial est souvent demandé, puis une commission est facturée après la transaction. Elle correspond généralement à environ 12 % pour une transaction de moins de 1 million de dollars, et se situe souvent entre 4 et 6 % pour une transaction de 10 millions.

Pour les transactions plus grosses, le cabinet québécois PNTT résume le guide des honoraires de Firmex, un sondage mené en décembre 2023 auprès de 456 firmes de fusions et acquisitions du marché intermédiaire. La commission y baisse avec le prix, et beaucoup de firmes ajoutent des frais fixes.

Taille de la transactionCommission indicativeSource
Moins de 1 M$environ 12 %BDC
5 M$5,5 %Firmex, résumé par PNTT
10 M$4 à 6 %BDC
20 M$3,7 %Firmex, résumé par PNTT
100 M$2,1 %Firmex, résumé par PNTT

À 12 %, la vente d'une entreprise à 800 000 $ coûte donc environ 96 000 $ de commission. Le même sondage donne une idée des frais qui s'ajoutent :

Ces pourcentages ne sont pas des tarifs fixés : tout se négocie et s'écrit dans le mandat. Dans un mandat de vente, c'est le vendeur qui paie. Quand un acheteur engage un courtier pour chercher activement une entreprise, c'est lui qui paie, généralement avec une avance et des honoraires mensuels.

Un seul courtier québécois publie sa commission sur son site. Pour la comparer aux prix des plateformes d'annonces et des outils d'évaluation, voyez notre relevé des prix publiés par les intermédiaires.

Ce que la loi encadre, et ce qu'elle n'encadre pas

Au Québec, le courtage immobilier est encadré par l'OACIQ, mais la vente d'une entreprise ne l'est pas toujours. L'OACIQ le précise : en vertu de la Loi sur le courtage immobilier, la vente d'une entreprise n'est assujettie à cette loi que si les biens de l'entreprise, selon leur valeur marchande, sont principalement des immeubles. L'OACIQ ajoute que certaines ventes d'entreprise pourraient relever de lois administrées par l'Autorité des marchés financiers.

Autrement dit, pour une entreprise dont la valeur tient surtout à ses activités plutôt qu'à ses bâtiments, le courtier n'a pas besoin d'un permis de l'OACIQ pour cette vente. C'est à vous de vérifier son sérieux : transactions conclues dans votre secteur, références de vendeurs, méthode. La BDC mentionne le titre Certified Business Intermediary comme un bon signe, sans en faire une exigence.

Les clauses à lire avant de signer un mandat

  1. Durée et exclusivité. Combien de mois, et pouvez-vous vendre vous-même à un acheteur que vous avez trouvé ?
  2. Frais de départ ou mensuels. Leur montant, et s'ils sont déduits de la commission à la signature.
  3. Commission minimale. Sur une petite vente, elle peut peser plus que le pourcentage.
  4. Base de calcul. Le prix total ou la somme reçue ? La balance de prix de vente et les paiements conditionnels sont-ils inclus, et quand la commission est-elle payée ?
  5. Clause de suite. Elle donne droit à la commission si vous vendez après la fin du mandat à un acheteur que le courtier vous a présenté. Vérifiez sa durée et limitez-la aux acheteurs présentés par écrit pendant le mandat.
  6. Frais remboursables et résiliation. Déplacements, salle de données virtuelle, et ce qui arrive si vous mettez fin au mandat.

Avez-vous besoin d'un courtier ?

Pas toujours. Quand la relève est déjà là, vos employés ou votre enfant, le fiscaliste et le notaire sont souvent les premiers conseillers : voyez Vendre son entreprise à ses employés et Vendre son entreprise à son enfant. Pour une vente à un tiers, le courtier apporte des acheteurs que vous ne connaissez pas et une négociation qui vous protège. Les lieux où les acheteurs cherchent sont recensés dans Entreprises à vendre au Québec.

Comment choisir

Avis important : les pourcentages cités sont des ordres de grandeur publiés par la BDC et par un sondage de l'industrie, pas des tarifs officiels. Faites relire votre mandat par votre avocat avant de le signer.
Avant le premier rendez-vous

Arrivez avec un chiffre

Un courtier vous parlera de prix dès la première rencontre. Sept questions, aucune inscription : le calculateur applique les multiples de votre secteur au Québec à votre BAIIA et vous donne une fourchette pour discuter.

Estimer la valeur de mon entreprise

FAQ : le courtier en vente d'entreprise

Combien coûte un courtier pour vendre une entreprise au Québec ?

Selon la BDC, un montant initial est souvent demandé, puis une commission après la transaction : environ 12 % sous 1 M$, souvent de 4 à 6 % pour une transaction de 10 M$. Tout se négocie.

Qui paie le courtier ?

Dans un mandat de vente, le vendeur. Quand un acheteur engage un courtier pour une recherche active, c'est l'acheteur, généralement avec une avance et des honoraires mensuels.

Un courtier en entreprises doit-il avoir un permis ?

Selon l'OACIQ, la vente d'une entreprise ne relève de la Loi sur le courtage immobilier que si ses biens sont principalement des immeubles. Certaines ventes peuvent aussi relever de lois administrées par l'Autorité des marchés financiers.

Qu'est-ce qu'une clause de suite ?

La clause qui donne droit à la commission si vous vendez, après la fin du mandat, à un acheteur que le courtier vous a présenté. Vérifiez sa durée et limitez-la aux acheteurs présentés par écrit.

Les frais initiaux sont-ils déduits de la commission ?

Souvent, pas toujours : 53 % des firmes du sondage Firmex de décembre 2023 les déduisent. C'est un point à négocier.

Sources